Poings de vue

lundi, mai 12, 2008

Rehab

Petite absence. Plein et peu en même temps. Mon night drive continue avec plus de joie, d’intensité, de douceur et de tendresse tous les jours. Et, j’espère bien qu’il va durer encore très longtemps. Je reviens d’une semaine de vacances avec Lui, en vase clos, qui se sont déroulées sans accrocs, bien au contraire. J’ai été amoureuse dans ma vie, mais, jamais comme je le suis là. C’est à la fois raisonnable, sans les empressements et excitations épuisants des premiers émois et en même temps, ça me transcende. Je me sens exister et être comme jamais. Et, c’est vraiment bon. Des doutes, évidemment, toujours, ce serait trop simple autrement. Et, sans questions, on n’avance pas, on ne se renouvelle pas, on se pose bêtement, placidement et on se lasse. Voilà, ça, c’est un des beaux aspects de ma vie.

Autrement, j’ai le plaisir de construire avec de plus en plus de sérénité et de solidité des relations amicales profondes, adultes, avec des gens dans l’échange vrai, dans le partage, dans l’équité, sans compétition ni agressivité. Et, j’ai conscience de la chance que c’est d’être entourée de personnes au parler vrai et avec lesquels faire de même. Ca me nourrit, m’enrichit à chaque fois. J’ai passé le temps de me reposer sur des tribus confortables dans leur inertie mais infantilisantes et vaines, in fine.

J’ai aussi passé mon habituelle retraite du 8 mai chez mon grand-père, là où Sarko est allé saluer nos valeureux combattants de the 2nd world war, et, comme à l’accoutumée, je suis rentrée ressourcée, reposée et apaisée, pourvu qu’il y en ai encore beaucoup de ces moments. Prête pour le fight. Ou le règlement de compte à OK Corral. 3 mois que mon tocard de DG me pourri la vie (fallait bien que je paie mon voyage offert par la boîte à New-York, rien de gratuit avec lui), tente d’annihiler toute velléité de créativité, d’indépendance et d’envie de faire mon boulot. Je dis blanc, il dit noir, je dis comme lui, il dit blanc. Il est parvenu lors d’un gros événementiel fin mars que je gérais de A à Z à me faire avoir une paralysie faciale dans l’avion, un urticaire à l’arrivée et une crise de nerfs sur place. Et, lors des mes vacances, j’ai rêvé toutes les nuits du boulot après être partie avec un lumbago qui m’a immobilisée 5 jours. Trop, c’est trop.

Donc, j’étais convoquée ce jour pour lui exposer où j’en étais des « projets en cours ». Je me suis tout de même gobée 2 calmants avant de m’y rendre. Pas question de lui donner le plaisir de me voir exploser. Premier set, il accepte (bizarrement) un projet que j’ai proposé, alors qu’il en avait quasiment imposé un autre, moins cher de surcroît, et que je n’ai surtout pas donné d’avis pour l’un ou l’autre. J’ai juste rédigé un mémo avec les plus et les moins de chaque projet. Bon, je me dis que c’est peut-être une tentative de conciliation… S’ensuivent des échanges sur ce que je fais depuis le début de l’année, où il m’impose (encore) de faire un « classement » des meilleurs commerciaux et de cesser de rédiger tous les mois des laïus personnalisés sur les meilleurs d’entre eux. Le truc en fait qui humanise ma boîte et qui fait que ces grands affectifs ont besoin de ça comme stimulant et non pas du classement de l’employé du mois. Je défends un peu le bouzin, il me rembarre, me disant que je fais toujours la même chose. Je soupire en regardant au loin. Il s’engouffre dans la brèche « mais quoi, ça vous dérange ou bien ??! ».

Là, c’est sorti. Que quoi que je propose ou que je fasse, il m’impose toujours l’inverse et que j’en ai ras la casquette de dépenser de l’énergie pour faire passer les idées les plus simples. « Mais, alors, qu’est ce que vous voulez !!!?? ». Oh, rien du tout à présent chef, je ne ferais qu’exécuter vos consignes. Ca l’a désamorcé. Il ne pouvait pas hurler, puisque j’allais dans son sens. J’ai aussi évoqué comme il m’avait maltraitée lors de ce fameux évènement (dont les plus anciens ont dit qu’il a été le plus beau des 5 dernières années), ce à quoi il a rétorqué que je n’étais pas du tout au niveau de ses exigences et qu’heureusement qu’il était là pour redresser la barre… Quelques horreurs plus tard, du type « vous ne faites pas du tout ce que je vous ai défini comme ordre de mission, les gens dans cette boîte se demandent ce que vous foutez de vos journées » il me sort « alors, que proposez-vous, prête à re-rentrer dans la danse ? » (ah ouais hein, t’aimerais bien que je te dise que je claque la porte et que je me barre gros con ou que je me soumette et que je fasse ton pantin, hein ?), je lui ai dit « oh, rien, vous donnez les consignes et j’exécute, puisque c’est ce qui vous convient ». Violence des échanges en milieu tempéré.

J’en suis sortie la tête haute, fière d’avoir pu rester droite dans mes bottes, de n’avoir pas courbé l’échine, de ne lui avoir pas donnée la satisfaction d’un vassal se soumettant à son seigneur. Je pense qu’à présent, je vais avoir 2 mois de rémission mais, qu’il cherchera comment avoir ma peau. Et, je m’en cogne. Car ma vie est bien plus heureuse que la sienne et que moi, j’ai conscience de qui je suis.

lundi, avril 14, 2008

Gentille

J’en ai marre d’être gentille ! Bien qu’on me répète à longueur de temps que je ne le suis pas, que je manque de compassion (ouais, j’ai toujours haït ce mot, je le trouve abject et méprisant envers celui qui le prend), de compréhension, de douceur (peut-être je développe trop d’hormones mâles…), d'empathie, et surtout de patience (bon, là, c’est pas faux, mais, ça dépend pour quoi).

Par ce qu’en réalité je suis une vraie gentille, je trouve souvent voir toujours des circonstances atténuantes aux gens infects, je me remets tout le temps en question, si l’autre me pète les ovaires, c’est certainement par ce que je ne fais pas ou ne dis pas les choses qui vont bien, c’est que je le cherche, le provoque. Mais, à un moment, quand on a (un peu) passé les 20 ans, on commence à savoir qu’aussi, il y a de vrais pénibles de par le monde. Bon, rarement au niveau de mon boss, il est le plus grand toutes catégories confondues, le plus gros con de la terre, déclaré vainqueur par K.O. Lorsque ma grand-mère m’a dit toute à l’heure « mais, il faut que tu te battes », j’ai vu rouge. 6 mois que je me bats en y laissant mon moral, ma confiance et même parfois, ma conscience, ça va bien hein….

J’ai justement relu des lettres, des échanges, eu auparavant, aux temps passés, avec de vrais
Z'humains, ça ma réconfortée, je sais que ça a existé, mais, ça me paraît tellement loin. Puis, j’en ai marre de supporter bouderies, remarques, mécontentements et mauvaise humeur dans la partie privée. Ca va bien 5 minutes. Oui, je ne suis pas la femme parfaite, et, si je l’étais, ce qui n’existe pas, j’exigerais de l’autre qu’il le soit aussi. Hors, non. Donc, un peu de recul et d’autocritique pour le respect de chacun, merci.

A part ça, ça va, j'ai de l'écume au coin des lèvres, de la fumée qui me sort par le naseaux, je tape du sabot sur le bitume et j’écoute les bee-gees, c’est grave Docteur ?

*ça vaut le coup de cliquer droit sur le titre pour l'extrait vidéo/musique*

jeudi, mars 20, 2008

Vous êtes myopes des yeux, myopes du cœur et myopes du cul !

"Je vous présente toutes mes confuses".
"Mais, mais, vos confuses, vous n'imaginez pas que je vais aller réveillonner comme ça chez Castel avec ça?! Mais, mais, qu'est ce que c'est que cette matière?... Mais, c'est de la merde!"
"Non, non,C'est kloug"

*cliques la musique sur le titre, ça vaut la peine, ça réveille*

mercredi, mars 12, 2008

Extension du domaine de la lutte contre les cons en tant que sport de combat


Là où on se dit : "je viens de trouver de la profondeur chez mon interlocuteur : dans la bêtise"...

Sans commentaire.

Dancing Queen

J’ai dit que je raconterais. Ou pas. Et, ça me semble difficile de tout raconter. Car, avant toute chose, la Grosse Pomme a été pour moi une question de ressenti. D’abord, les 2 premiers jours, j’étais tellement dans des scènes de films que je n’y étais pas. Puis, j’ai eu cette impression de boum-bam-boum à l’intérieur du corps, une énergie bouillonnante. Pas une suractivité, plutôt un flux permanent d’impressions. Le mot émotion ne s’applique pas vraiment à New-York. Je partais avec un groupe de 26 personnes, des gens du boulot mais, pour y passer du bon temps.

Dès l’aéroport, les limousines avec le champagne nous ont pris en charge pour nous amener à l’hôtel. Déjà, nous étions comme dans un rêve. Un soleil printanier berçait l'arrivée, et, nous étions accueillis en VIP dans la ville. Bagages posés à l’hôtel, direction immédiatement Empire State Building, toujours en limousine. Montée tout en haut, vue panoramique sur Manhattan, la claque. Le film. I’m the king of the hill. Ensuite, temps libre pour rentrer à l’hôtel et, cette ville que je pensais difficile à appréhender, trop active et brutale ne l’est en fait pas, elle est efficace, pragmatique, avec de grands trottoirs, et des rues bien quadrillées. Les gens y sont courtois, actifs mais sans faux empressement. Premier soir, tous claqués, dans une club des jazz le « Birdland » avec un excellent concert de jazz, deux solos marquants, le contrebassiste et le joueur de congas, où j’ai été retournée par leur dextérité. Puis, alors que je tombais de sommeil, certains se sont motivés pour monter au 48ème étage du Marriot, « the view », bar en lente rotation autour de Manhattan. Ca file un peu la gerbe lorsqu’on est crevée mais, tout de même, ça fait de l’effet de voir tout ce gigantisme illuminé.

Le lendemain, départ du ferry pour la statue de la liberté et Ellis Island. 2 manquaient à l’appel le matin, nous ont rejoint en métro, se sont fait chambrer et surnommés Tic et Tac tout le reste du voyage. Balade venteuse en bateau, échanges entre les gens, visite super intéressante du musée de l’immigration, retour pour déjeuner à China Town, me suis aventurée un peu dans les rues, entrée chez un herboriste centenaire y chercher des fortune cookies et en suis ressortie avec du ginseng et du baume du tigre. Ensuite, nous avons continué la visite jusqu’à Ground Zero (en chantier, comme n’importe quel chantier), Greenwich Village puis, certains sont partis à Soho faire du shopping, d’autres au Moma pour visiter l’art moderne de la ville. Gigantesque. Bon, je suis restée un peu dubitative au 1er étage sur les artistes contemporains, puis, d’étage en étage, de mieux en mieux et arrivée au 4ème, waouh ! Ils étaient tous là : Magritte, Matisse, Picasso, Le douanier Rousseau, Gauguin, Seurat, Chagall, Miro, Picabia, Van Gogh et j’en oublie plein. Une débauche telle qu’on ne sait plus où regarder. On ressort de là, des trombes d’eau tombent sur la ville. Et, juste devant, de grands blacks vendant des parapluies, 5$ le petit, 10$ le grand (gigantesque (je parle des parapluies, bien entendu)). On s’arme tous et repartons. Cahin caha, en perdant des protagonistes en route pour finir à 4 à nouveau sur « The View », pour prendre un thé. Avec des fous rires non-stop. J’ai rencontré aussi des gens excellents lors de ce voyage. Là, c’est Madame « de » qui nous a fait mourir de rire. Alors que je lui disais que elle de toute manière, n’avait jamais rien fait avant le mariage, elle me répond, en s’essuyant délicatement le coin de la bouche « oh oui, mais qu’est ce que c’était bon ». Nous racontant que sa fille de 4 ans, tout comme elle avait le petit doigt en l’air lorsqu’elle buvait le thé, je lui rétorque « c’est pour ça qu’on t’as fait une césarienne, c’est la théière qui ne passait pas ». Re-fou rire. Nous avons tellement rit de tout mais surtout, de personne, qu’elle s’en est quasi décroché la mâchoire, nous précisant que seul son mari avait la technique pour la remettre…

Le soir, nous sommes allés à Broadway voir le spectacle Mamma Mia sur la musique d’Abba. Incroyablement drôle, efficace, communicatif en énergie. Une rangée de 6 chez nous chantait à tue-tête et dansait sur son siège. On est ressorti avec une pure banane. Dîner, re-crise de rire et au lit. Le lendemain, journée libre. On décide à 4 d’aller faire la traversée du pont de Brooklyn. Bon, le métro, déjà on se retrouve dans le Queens, à l’opposé. On arrive après une heure à Brooklyn, sous une pluie bruinante, glacée et cinglante. A Bab-el-oued City, très loin du pont. Conseil de guerre sous les parapluies, on se dit qu’un taxi ne serait pas totalement malvenu. On fait une pause dans un coffee shop histoire de s’organiser et surtout, de se réchauffer. Là, encore, on est plié de rire, je ne saurais même plus pourquoi, le problème des conneries automatiques. On le traverse ou pas ? Allez, le dernier arrivé paie sa tournée. Là, des trombes d’eau se mettent à tomber, je leur précise que vue la distance qui nous sépare du pont, avant même d’y arriver, pour moi, ce sera la chiale… Ca fonctionne, on prend un taxi, se demandant tout de même qui va payer la tournée dès lors. On se rend à Soho. Nous apprécions tous ce très beau et luxueux quartier, ses belles boutiques (toujours sous la flotte). On trouve un pub où nous prenons un hamburger avec une pinte de bière, la Brooklyn Lager, délicieuse, puis une autre, avant de repartir, après beaucoup de rires (c’est ok for nous…), encore et toujours, dans les rues de Soho. Puis redescendons sur Broadway, nous séparons chacun, mon seul moment seule à NY, avec mon lecteur MP3, les Chromatics dans les oreilles et une énorme impression de liberté et de toute puissance, très étrange. Le soir, dîner dans un resto merdique. Puis, départ pour le Pacha Club, boîte branchée de New-York. J’étais exterminée de fatigue, mais, le red bull est un produit très efficace, allié en plus à une excellente techno et à une très bonne ventilation de la boîte. Je me fais brancher toute la soirée par la barmaid, sosie de Xena la Guerrière, ça facilite la conso, puisque même blindé de monde, j’ai mon verre à chaque fois sans attendre. Je tiens jusqu’à 5h00 du mat’, tous mes collègues sont partis, je m’en fous puisque j’ai fait ma soirée. Un taxi, à l’hôtel, poum, dodo 2 h00. Réveil le matin, une s’est fait voler son passeport en boîte, un gospel à Harlem est prévu au programme. Je n’y pense pas, je l’accompagne avec un autre tout d’abord à la boîte, puis, chez les flics pour finir au consulat de France qui est fermé le dimanche. Autant la veille, il tombait des seaux d’eau mais, il faisait 15°, autant, ce matin, le soleil est sublime, sur un ciel pur et bleu lumineux, mais, on est en dessous de zéro. On rencontre des gens bizarres au consulat, Monsieur de St Etienne, sorte de petite chose de 30 ans à la sexualité incertaine, dont la première phrase pour la « volée » est « ça va, vous n’êtes pas trop angoissée? » et qui ensuite nous raconte que les plus grands que lui (et ils sont nombreux, croyez moi), lui donnent des coups dans la rue. On obtient néanmoins le laisser-passer qui lui permettra de reprendre son vol le soir même. Dans le taxi, conduit par un indien à l’anglais très approximatif, alors qu’il parle devant, je lui demande « You’re talking to me » et là, l’autre de mes camarades de jeu présent part dans un fou rire en répondant « you fuck my wife ? », la 3ème, laisser-passer en poche, part dans un éclat de rire et on ne peux plus s’arrêter. On retrouve les autres pour un déjeuner dans Harlem, nous sommes à quelques heures du départ, après-midi libre. Là encore, chacun part faire ce dont il a envie. Madame De, l’homme né dans la famille Barbapapa et moi partons pour une balade dans Central Park. Je crois mon meilleur moment du voyage. C’est un grand parc, oui, comme beaucoup d’autres, il a juste la spécificité d’être entouré de sublimes buildings se détachant avec prestance et hauteur dans le ciel glacé de l’hiver. On s’arrête comme des gosses devant les écureuils. On se fait encore un fou rire lorsque je dis aux petits écureuils, montrant la capuche à fourrure de Mister Barbapapa « regardez les petits, y’a maman qui est là… » On va se boire un thé dans une taverne « The Green Tavern » en bord du parc, totalement année 30, lampes Christie’s, miroirs, qui nous donne l’impression d’être ailleurs. On rentre tranquillement à l’hôtel, traînant un peu le pas, pas envie de partir.

Puis avion, retour Paris, que je trouve subitement plate, sans relief, vieillotte, fatiguée. Mais, avec du bonheur plein les yeux et aussi dans le plaisir des rencontres humaines que j’y ai fait. Les éclats de rire de J., le décalage de V. l’extrême bonté de C., les sorties à froid de D., la finesse de C. l’humour tendre de F, la folie de J. la personnalité volcanique de V. et la naïveté d’A., entre autres, m’ont touchée et ont fait que ce voyage a été excellent à bien des égards. J’étais chez moi à 11h30, j’ai dormi de 12h00 au lendemain matin dans un état d’épuisement que je ne m’étais jamais connu. Mais, ce voyage le valait largement. I love NY.

jeudi, mars 06, 2008

New-York, New-York



Tin tin tin din tan din tin tin din tin tan tan di di tin, tan....

Je pars à New-York dans quelques heures, et, ça me fait frémir.

"I'm the king of the hill" - "j'irai à New-York avec toi".

Pas blasée, juste méga-happy comme une gamine qui partirait à Disneyland.

Je vous raconterais. Peut-être.

dimanche, février 24, 2008

Paris

Je suis allée voir Paris aujourd’hui, le dernier Klapisch. Pas certaine qu’il allait me plaire, la bande-annonce m’ayant donnée une impression de déjà vu, puis, bien que j’ai de l’affection pour le cinéma de Klapisch, je lui reconnais beaucoup de défauts, une certaine facilité, des personnages consensuels et une esthétique très moyenne. C’est, je pense, plutôt son approche un peu naïve du quotidien, qui est parfois la mienne, qui me fait aimer passer un moment avec ses films, un peu comme une soirée avec des vieux potes, ceux avec lesquels on a rien à prouver.

Dès le début de la première scène, entre Romain Duris et Juliette Binoche, je me suis dit « aïe, ils jouent hyper mal ». Puis, le film s’est déroulé autour des personnages, plutôt très bons, souvent bien servis (mention spéciale à Karine Viard dans le rôle de la boulangère petite bourgeoise, obséquieuse avec ses clients et méprisante avec ses employées, j’ai presque regretté qu’on ne la voit pas plus). Binoche, tout en douceur, en émotion et en subtilité, Fabrice Luchini, excellent en professeur quinqua craquant comme un ado pour une de ses étudiantes et s’apercevant de la vacuité de sa vie. Et n’en faisant pas des caisses, pour une fois. Juste dans le personnage. Mélanie Laurent, l’étudiante, plus adulte que son prof, belle à tomber dans son naturel. Duris, égal à lui-même, qui joue à l’instinct et dont ça sert parfaitement les personnages. Et, beaucoup de seconds rôles qui ont globalement leur place (Zinedine Soualem, Albert Dupontel…). Quelques longueurs, quelques niaiseries aussi. Le film est aussi soutenu par une super B.O., par Paris, excellente comédienne et par l’envie de jouer dans ce film des comédiens, qui se ressent. Ceci étant dit, le film était très largement perfectible, Klapisch reste un peu léger, n'écrit pas un scénario étoffé, se raccroche au talent de ses acteurs et joue sur la corde sensible. Néanmoins, j’en suis ressortie émue, touchée, avec l’impression d’avoir vu le premier film d’adulte de Klapisch. Et, j’ai fait une longue marche pour rentrer chez moi, histoire de me balader dans ses rues, dans cette douceur printanière qui a baigné la ville aujourd’hui, en me disant que décidément, je ne m’en lasserais pas.

A part ça, je viens d’apprendre par la météo que ma semaine allait se passer sous le signe des perturbations. Damned. Je sentais déjà l’anticyclone s’éloigner, voilà que les perturbations arrivent. Trop de changements depuis le début d’année, pas le temps de prendre du recul et de savoir où j’en suis. Le boulot me prend beaucoup (trop) d’énergie, les tensions présentes, la brutalité de Duboss qui est plus forte que lui (et que moi parfois), son rapport de domination sur les femmes, et, comme, pas de bol, je suis la plus confrontée à lui, j’en prends plus que de raison. Ca m’a bien contrariée, j’ai décidé de prendre les évènements avec plus de philosophie. Dans 10 jours, je serai à New-York, loin de lui, avec des gens sympas, et, gratos. C’est une belle prime en quelque sorte, d’autant que je rêvais de cette ville depuis des années, comme du Kenya, fait l’an dernier. Ensuite, dans la série des nuages, tenter le couple après autant d’années de célibat me pose des soucis, puisque des contraintes. Chose que j’abhorre au plus haut point et que j’ai toujours tenté d’éviter au maximum. Pas le couple hein, les contraintes. Je sur-réagis souvent, d’autant que j’ai l’impression par moment, de mon fait aussi, de manquer d’espace.

Et pourtant, mon espace se résume à peu, je m’aperçois de mon autosuffisance. Pas dans le sens, me croire le seul être intéressant de la terre, plutôt, du peu de besoin que j’ai à passer du temps avec d’autres. C’est curieux, ceux qui ne me connaissent pas me croient hyper sociable, dehors tout le temps, toujours super occupée. Alors que j’aurais plutôt tendance au mode autiste, à avoir rarement le désir de voir des gens ou leur parler, capable de passer des jours enfermée chez moi. Ou par phase. Mais, beaucoup solitaire. Ce que je n’ai pas toujours été. Jusqu’à 25 ans, passer une soirée seule, c’était la loose et l’angoisse assurée. Ensuite, j’ai vécu avec une « tribu » que je voyais régulièrement, ça me nourrissait. Puis, la meute a perdu une louve et fini par blesser l’autre. Qui, par obligation au début et par goût après, a préféré son univers grottesque aux groupes grotesques. Par défense aussi. Les animaux blessés apprennent à se protéger. Je persiste dans l’idée qu’à force de trop utiliser son cœur, il fini pas s’user, au contact des désillusions. Et je sais le mien plus bien résistant, je tente dès lors de lui éviter les chocs.

D’habitude, février, va passer et je n’aurais rien fait et là, février, est presque passé et j’aurais trop fait. Ce qui me laisse un peu pantelante, fragilisée et, néanmoins, pleine de ressources. Juste, je n’ai ni les moyens, ni l’envie, d’en prendre plein les dents pour soulager autrui et, que je sais me protéger, si besoin est, me défendre. La louve à le pelage doux, le courage des oiseaux et la peur de l’humain. Elle n’attaque que si elle se sent en danger. Et là, elle a plus besoin de chaleur que de coups de fouet.

lundi, février 18, 2008

Les meilleurs ennemis

"Ca c'est du sport!? Ils n'ont rien à faire dans les stades ces gens là!"

Voilà encore un truc qui m'a énervée ce WE, sans parler des 80 morts à Kandahar. On a sanctionné un joueur de Valencienne, le capitaine de l'équipe, Abdelsam Ouaddou, qui s'est permis, le mécréant, au bout de 45 minutes à se faire traiter de singe, de sale nègre et j'en passe, de monter dans les tribunes, après avoir demandé à ce trouduc d'arbitre d'intervenir, et qui s'est pris un carton jaune pour son manquement au règlement! Et pourtant, le règlement de la FIFA est clair sur le sujet : "interrompez le match lorsque ça déborde". Après, ça reste au libre-arbitre.

Ensuite, y'a aussi l'autre conne avec laquelle le président de tous les Français s'est marié, qui dit, je cite : "Pendant la 2ème guerre mondiale, est-ce que ce journal [le Nouvel Obs] aurait dénoncé les juifs?" Bah oui, c'est sûr, entre surfer sur la vague populiste et exhibitionniste de son époux et dénoncer des juifs, il n'y a qu'un fleuve, le Jourdain, à franchir. Quelle conne! Y'a pas à dire, par ce que vous vous valez bien tous les deux. Dépitée et offusquée je suis.

Je m'énerve aussi sur des sujets beaucoup plus nombriliste, lorsqu'on argue que mes vacances tombent mal (le 15 août, elles tomberaient mal, je bosse pour un taré allergique aux vacances), lorsqu'on me demande d'être photographe officielle du séminaire, histoire d'économiser 500 €, lorsqu'on me dit que dépenser 10 € par personne pour une boîte qui en génère 50 000 par personne, c'est vraiment du gâchis. J'en ai marre de ce trouduc', il me fatigue, il me pousse à faire le moins pour économiser mon énergie. Même si ça me pèse de faire moins bien. Même si je sais qu'il va finir par céder. A quel prix?

J'arrive encore à me marrer, mais, de moins en moins. J'ai grand besoin de faire une pause, de m'arrêter, je ne peux pas être au four et au moulin en même temps. C'est par ce que je ne m'appelle pas Meunier peut-être. Mais, il paraît qu'avec mes cheveux on pourrait faire du savon noir, je ne suis pas totalement improductive.

jeudi, février 07, 2008

Night drive

J’ai rencontré un homme.

J’ai rencontré un homme qui me rend heureuse,
J’ai rencontré un homme que je n’espérais pas,
J’ai rencontré un homme avec lequel je ri, je joui, je parle, je me sens juste moi,
J’ai rencontré un homme qui n’existait même pas dans mes rêves,
J’ai rencontré un homme qui termine ma phrase avant même que j’ai fini d’y penser,
J’ai rencontré un homme dans lequel j’ai confiance,
J’ai rencontré un homme qui me rend belle,
J’ai rencontré un homme qui comprend tout et duquel je comprends tant,
J’ai rencontré un homme avec lequel je sais que demain sera facile,
J’ai rencontré un homme avec lequel, je pense simplement à demain,
J’ai rencontré un homme incroyablement fait pour moi,
J’ai rencontré un homme qui ne me fait pas peur,
J’ai rencontré un homme auquel je ne fais pas peur,
J’ai rencontré un homme que j’admire,
J’ai rencontré un homme qui me fait du bien, tout le temps,
J’ai rencontré un homme dont la sincérité me fait fondre,
J’ai rencontré un homme qui a tout de doux, des cheveux à la pointe de l’orteil,
J’ai rencontré un homme lunaire, réel et dingue, concret, présent et futur,
J’ai rencontré un homme qui a réveillé mes papillons,
J’ai rencontré un homme et il n’est pas n’importe qui,
J’ai rencontré un homme avec lequel je découvre des sensations inconnues,
J’ai rencontré un homme, que j'ai connu et avec lequel on s'est reconnu,

J'ai rencontré cet homme...

*et en plus, il aime le foot!*

mardi, février 05, 2008

Une nuit sur son épaule

Je me larvise. Pas sûre que le terme soit bien français, chenillise plutôt? Coconise, toujours pas. Mais, je suis en train de parvenir à un équilibre moins fragile qu'habituellement, une espèce de force tranquille (pouark, me Mitterrandis-je?) qui m'angoisse. Enfin, raisonnablement s'entend.


Je ne vais pas à nouveau résumer tout ce qui va bien, c'est un truc de dingue. Depuis le 2 janvier 2008, ça s'enchaîne à la perfection dans tout. J'ai recouvré l'énergie et la soif de vivre qui me manquaient tant. Je m'éclate dans les heures que je consacre à mon boulot et ça paie, j'ai retrouvé la capacité à sortir de mon lit le week-end pour faire des choses utiles et/ou plaisantes, j'ai re-rencontré un parfait complice de vie qui me fait sourire, me rend douce, me stimule. Le peu de gens que je tiens en amitié me nourrissent de leurs variétés, de leur finesse, de leur vivacité. J'ai aussi des voyages en vue, de l'humour plein la tête et la bouche. Oui, je sais, ça ne sort pas ici, mais, je suis très contextuelle aussi. Je fais (et moi avec) régulièrement éclater de rire mes interlocuteurs (et ça n'a rien à voir avec un hypothétique bout de salade coincé entre les dents (quoique, si ça se trouve) (mais pas tous les jours non plus?) (quoique...)).

En fait, je me suis découvert un espace d'expression supplémentaire, je me trouve entourée de gens qui me permettent de moins me censurer, c'est à dire, d'être de plus en plus libre dans ma parole, dans mes actes. Et, ce que je peux enfin laisser aller ainsi m'évite, de facto, d'user des soupapes défoulatrices qui étaient les miennes jusque là. Plus je peux me permettre d'être moi-même, moins j'ai recours aux dérivatifs. Et, franchement, c'est bon comme ça. Même si autant de simples évidences sont forcément perturbantes. Je croise les doigts (des pieds, des mains et des intestins) en souhaitant que ça dure ainsi.

En fait, c'est faux, je ne me larvise pas, j'arrête juste d'être en guerre par ce que ça n'a plus lieu d'être, par ce que des fois, tout peut aller bien, sans pour autant abandonner la punk attitude, sans se nier. Par ce que je m'aperçois avec beaucoup de surprise et un peu de peur, que l'on peut être aimée pour ce que l'on est.

*La photo est "clickable" aussi pour la musique*