Poings de vue

lundi, mai 25, 2009

Kafka is alive

Nous avons tous un jour ou l'autre eu à faire avec l'administration française...

Je me rappelle de ma grand-mère, il y a un an ou deux, qui, s'apercevant que sa pension était subitement suspendue, appela sa caisse de retraite. Là, l'opérateur au bout du fil lui expliqua que ladite caisse n'ayant aucune preuve qu'elle était réellement en vie avait interrompu purement et simplement ses versements de retraite. Imaginez comme il est agréable de s'entendre dire que peut-être on est morte ou qu'à un certain âge, y'a de gros doutes sur votre état de vie. Et, le mieux, c'est que pour prouver qu'elle était donc encore en vie, il lui a fallût envoyer une lettre sur l'honneur attestant qu'elle était toujours en vie. Le truc totalement délirant, puisque n'importe qui aurait pu le rédiger et le signer en son nom pour percevoir frauduleusement ladite retraite.

De mon côté, j'ai perdu il y a un paquet de temps ma carte vitale. En septembre dernier, j'envoie un 1er courrier de déclaration de perte pour la faire refaire. Sans nouvelle. Je réitère ce courrier en décembre (me disant que 2 mois, ça faisait suffisamment long et que la précédente requête était probablement aux oubliettes). En février, toujours rien... Je me décide donc à les appeler, là, on me dit qu'ils ont bien ledit courrier, que c'est en cours de traitement, que je vais recevoir le dossier à remplir. Bon. Un mois après, toujours rien reçu. Je rappelle (courageusement). L'opérateur m'indique qu'en fait, mon dossier n'est pas complet, qu'ils n'ont pas ma nouvelle adresse. On en est donc à plus de 6 mois depuis ma 1ère demande, si vous avez bien noté... J'essaie de ne pas m'énerver et indique juste à mon gentil conseiller, que je suis surprise que sa collègue ne m'ai pas fait part de ce "détail" un mois auparavant. On en est plus à ça près après 6 mois, me direz-vous.

Je reçois donc un mois après mon dossier complet pour demander la nouvelle carte vitale, avec photo. Je vais donc faire faire des photos d'identité comme requis par l'administration, je photocopie mon passeport sur du A4, comme notifié au dos du formulaire et renvoie le tout, ayant néanmoins l'intuition que ça ne pourra pas être si simple que ça. Et, il semblerait qu'avec l'administration, j'ai un bon instinct.

J'accuse réception ce samedi d'un courrier de l'assurance maladie, je crois donc benoîtement que youpi, j'ai enfin cette carte tant désirée. Que nenni. 2 feuillets. Un correspondant à mon dossier et l'autre, un courrier qui me notifie très sérieusement que "la photo d'identité transmise ne ressemble pas à celle de ma pièce d'identité" et "la photocopie de ma pièce d'identité n'est pas conforme à ce qui était mentionné". Ce n'est pas une blague. Mon passeport date certes de 2003, mais, je n'ai pas tant changé que ça, tout de même. Que faire? Une chirurgie esthétique express? Trouver une jeune femme qui aurait la même tête que moi en 2003? Et, pour la photocopie, comment puis-je faire autrement un A4 qu'en faisant un A4? A ce point là, je ne parviens même plus à m'énerver.

Je renouvelle donc ce jour un appel à la CPAM (il faut néanmoins reconnaître que la plupart des conseillers que j'ai eu sont à la fois efficaces et sympas, on ne tombe pas dans des call center en Inde, c'est déjà ça). J'expose mon souci à la conseillère, qui elle même reste assez interloquée, ayant accès à mon dossier et donc, à mon passeport scanné (donc conforme...). Devant ce mystère mystérieux auquel elle n'a encore jamais été confrontée, elle en réfère à son responsable et me rappelle dans les 5 minutes (j'apprécie, vraiment). La solution sera donc de me rendre à mon centre de sécu (et, je peux vous dire que, où je vis, dans le 18ème, il va falloir que j'y aille armée de ma valise de valium), accompagnée de ma vieille tête et de ma nouvelle photo, pour qu'ils certifient que je suis bien conforme à mon passeport.... C'est énorme.

La suite après la visite au centre, auquel je ne peux pas aller aujourd'hui, par ce qu'ils sont en grève et qui était "exceptionnellement" fermé, sans aucune raison, la dernière fois que je l'ai tenté, il y a 3 mois. S'il existe un saint de la patience (définition : la patience est l'aptitude de quelqu'un à se maîtriser face à une attente, à rester calme dans une situation de tension ou face à des difficultés, ou encore la qualité de persévérance ), qu'il me vienne en aide.

mercredi, mai 20, 2009

Ca m'énerve ! (bis)

Le professeur de philo qui avait crié "Je te vois Sarkozy", a été condamné à une amende de 100 €, 150 étant le minimum requis pour pouvoir faire appel, bien vu les juges.

L'édito de ce jour du Figaro recommande, demande, préconise, que soient jugés les élèves ayant bloqué les universités pour protester contre les réformes du gouvernement.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes....

mardi, mai 19, 2009

Ca m'énerve!

Long abandon de ce blog tiens... Bon, déjà, un petit séjour au Maroc, parfait, comme d'habitude, soleil, ballade, sourires, repos, bonheur. Puis, j'ai pas grand chose à dire non plus. Ce temps pourri persistant me mine le moral, envie de rien. Alors, je lis, je regarde des films (beaucoup), j'attends la sortie avec impatience de certains présentés à Cannes : Almodovar, Audiard, Tarantino. Tout cela pour dire que c'est un programme plutôt au ralenti et que j'ai peu à dire.

Néanmoins, pas mal de choses continuent à m'énerver (étonnant, non?). J'ai lu une ignoble daube en vacances, : Panthéon, de Yann Moix. Enfin, quand je dit lu, j'ai commencé à le lire, puis ai lu une phrase toutes les 2 ou 3 pages, puis, je l'ai enterré au fond d'une poubelle pour m'assurer de n'infliger à personne une telle tannée. En résumé, voilà un type qui croit que se bourrer le pif de cocaïne rend talentueux, hors, ça ne fonctionne que lorsque on a déjà le talent. Il croit inventer des jeux de mots supers ironiques alors que c'est simplement atterrant, il écrit n'importe quoi au kilomètre (merci l'effet coco), remplissant les pages de néant, c'est honteux, vraiment honteux d'éditer des gens pareils alors que des vrais auteurs restent dans l'ombre. Comme chante "Helmut Fritz :"za m'énerve".

J'ai également eu l'occasion de survoler 10 minutes du nullissime "Coco" de Gad Elmaleh", qui a fait de la retape sur tous les plateaux en se croyant cinéaste. A vrai dire, même pour une pub de pâté pour chien, je ne l'engagerais pas. Lui pour lequel j'avais une certaine sympathie, là, je peux dire que j'éprouve un mépris certain .

Ce qui m'énerve aussi, c'est cette manie des journalistes, alors que les reportages sur le marché de l'emploi, le chômage, la crise, etc... fleurissent, de ne plus utiliser le terme de travail. Un tel à trouvé un "job" d'ingénieur commercial, Une telle recherche un "job" de fleuriste, et ainsi de suite. Ce tic de langage est dangereux, il dévalorise la valeur du travail., il précarise l'emploi. Le mot job, ça fonctionne pour les étudiants l'été, qui cherche un appoint à leurs revenus, on ne signe pas un "job" en CDI. Mais bon, la médiocrité du monde journalistique télévisuel n'est plus à démontrer.

D'ailleurs, à ce sujet, j'ai passé 5 jours chez mon grand-père, que j'aime et que j'adore, mais, qui pour des raisons qui ne regardent que lui, a décidé de choisir comme dernière compagne, il y a 25 ans, une femme d'une bêtise navrante. Ça fait donc tout ce temps qu'il faut se coltiner sa courge. Et quand je dis courge, je suis vraiment très très magnanime. Avec elle, on a droit tous les soirs au JT de TF1 à fond pendant le dîner et surtout, il ne faut pas parler durant des reportages aussi intéressant que la tonte des moutons gris du Larzac ou l'arrivée des vacanciers sur la côte d'Azur. Il faut savoir aussi qu'elle a une place à laquelle elle s'assoit, télécommande à la main et qu'il ne faut surtout pas prendre le risque de tenter un changement de place. Qu'il ne faut pas laisser un magazine déplacé plus d'un minute, autrement, ça perturbe ses repères, qu'il lui faut une semaine pour lire Paris Match, doigt posé sur la page, au ligne à ligne, langue sortie... Qu'elle ne comprend pas pourquoi elle a repris 10 kg après une opération de réduction du ventre il y a un an alors qu'elle met une demie plaquette de beurre pour la cuisson d'un poulet et qu'elle fini la sauce au pain, sans respirer. Qu'elle n'en rame pas une dans la maison, met les tapis de bains, serviettes, peignoirs, au pressing, il lui faut néanmoins une demie journée pour repasser les 3 T-shirt et 2 pantalons restant. Affligeant. Y'a rien à faire, serrer les dents et passer le moins de temps possible en sa présence, ce qui est assez délicat lorsque, comme moi, on a aussi envie de voir son grand-père....


Autrement, je ne vais pas passer en revue tous ceux qui m'énervent sévèrement, comme ce porc de Kouchner qui a su habilement retourner sa veste, soutenant avec ferveur la politique de Nicolas S., Eric Besson, de même, le parfait petit collabo, Frédéric Lefebvre, grossier, tête de fion, irrespectueux porte-parole d'un gouvernement qui ne mérite pas mieux que lui, Rachida Dati qui fait parler son chirurgien pour montrer à quelle point elle est une femme sensible et courageuse (Cf. son retour au boulot 5 jours après son accouchement) alors qu'elle n'a absolument rien foutu durant son mandat de garde des sceaux, laissant les prisons continuer à s'écrouler, les surveillants à se suicider et les juges se faire malmener. Et, ce citoyen jugé aujourd'hui pour trouble à l'ordre public pour avoir crié, lors d'un contrôle d'identité musclé à Marseille "Je te vois Sarkozy". J'évoquerais rapidement les étudiants sacrifiés cette année par ce que Pécresse les a pris en otages pour ne pas céder aux revendications des enseignants chercheurs, qui bossent dans des conditions navrantes et auxquels on veut enlever encore des moyens de faire leur travail le moins mal possible. Ça pue, vraiment, la France pue.

Voilà, pour quelqu'un qui n'avais pas grand chose à dire, au final, il y a un peu de matière. Mais, soyez rassurés, beaucoup plus de choses me rendent heureuse, et, il serait trop long de tout écrire ici, puis, souvent, le bonheur des autres est quelque chose d'assez abject, je vous dispenserais donc de vous dire "et gnagnagna et gnagnagnagna". Peut-être une prochaine fois!

samedi, mars 28, 2009

Douce France

Aujourd'hui, je discutais avec une de mes amies, dont le travail consiste à
défendre le droit des sans-papier. Elle me disait avoir été débordée ces derniers temps et je lui demandais donc, du haut de mon bon sens naturel, pourquoi son cabinet ne refusait pas des dossiers alors qu'ils avaient du mal à gérer ceux en cours. C'est là qu'elle me contât la petite histoire suivante.

La semaine dernière, elle reçoit un appel d'un de ses amis, étranger, étudiant légalement en France, avec donc des papiers en règles. Ce jeune homme avait comme seul tort d'habiter Aubervilliers. Un matin de la semaine dernière, donc, on frappe violemment à sa porte, la police. Il est à l'intérieur de son domicile et dit qu'il arrive, qu'il va ouvrir la porte. Ce qu'il n'a pas eu le temps de faire, les zélés policiers l'ayant défoncée avant. Ils le menottent, l'allongent au sol, fouillent l'appartement, vérifient ses papiers, ne trouvent rien d'illégal (même pas un petit bout de hasch, le jeune homme en question ne consommant pas). Il se retrouve néanmoins , toujours menotté, embarqué avec les autres habitants de l'immeuble. La descente de flics avait pour but de débusquer des trafiquants-squatteurs occupants l'immeuble. Il proteste que sa porte d'appartement est défoncée et qu'on risque de le cambrioler, les serviteurs de l'état lui disent de ne pas s'inquiéter, que certains d'entre eux vont rester sur place. On le jette dans l'estafette, au sol, allongé sur d'autres personnes, par manque de place.

Une fois au commissariat, il a droit à la fouille intégrale, nu, on le colle ensuite en cellule de dégrisement, alors qu'il n'avait pas une goutte d'alcool dans le sang. On ne l'autorise pas à passer le fameux coup de fil légal, on lui déconseille de faire appel à un avocat, on ne lui propose pas de voir un médecin. Il est retenu toute la journée, interrogé sans l'aide d'un traducteur, sachant que son français est très approximatif. Pas un verre d'eau ni un sandwich ne lui est offert durant sa longue garde à vue. Lorsqu'il relit les PV rédigés par les fonctionnaires, on le presse de lire plus vite et instamment de signer. Finalement relâché à 19h30, avec de vagues excuses, étant donnée sa totale absence de lien avec l'affaire pour laquelle la descente avait eu lieu, il n'a plus qu'à rentrer à pied chez lui. Où il retrouve son appartement dépouillé, il est musicien et tous ses instruments de musiques, de valeur pour certains, ont été volés. Il retourne donc au commissariat pour faire sa déclaration de vol, le fonctionnaire qui l'accueille le reconnaît et lui indique qu'il ne peut pas porter plainte sans certificat d'hébergement de la part de son propriétaire.

La suite de cette histoire? Il a des bleus sur les poignets à cause des menottes, a quitté terrorisé son logement le jour même pour aller se réfugier chez des amis, est totalement traumatisé, ne pourra jamais se faire rembourser les instruments qu'on lui a volé et doit avoir une bien piètre image du système français, assez proche finalement du régime de Pinochet que ses parents ont connu... Le cabinet de mon amie a envoyé un courrier au commissariat les accusant d'être responsable du vol et a reçu en retour un courrier le menaçant de le traîner en diffamation. Ils ont également prévenu la préfecture et l'IGS mais, rien de tout cela n'excusera ce qui s'est passé et ne rassurera ce garçon maltraité par notre police, et, à mon avis, n'aboutira à rien du tout, qu'en a-t-on à faire d'un étranger étudiant, sans appui politique, sans importance et finalement, qu'on a traité à la manière des républiques bananières et des dictatures?

Combien de cas comme ça tous les jours dans notre beau pays? Et, quel écho dans les médias? Rien, absolument rien. Et pourtant, ce n'est certainement pas un cas isolé. Il n'y a pas à dire, bel exemple de respect des droits de l'homme en France. A vrai dire, cette expression n'a plus aucun sens dans notre pays, ultra-sécuritaire et avant tout oppressif, insultant pour l'individu lambda, injurieux envers les fondements de notre république, "Liberté, Égalité, Fraternité", qui sont tous les jours traînés dans la boue et outragés par des serviteurs de l'état dont le comportement nous fait honte. Comment reprocher ensuite à des gamins de ne rien respecter lorsque l'état et ses représentants sont infoutus de donner l'exemple? Où on va demander à des jeunes qui se baladent dans Paris ce qu'ils font là (sous entendu, restez dans vos ghettos, sous entendu, la libre circulation des personnes n'existent pas). Où on va rafler, sans distinction, sans considération, dans le mépris de la loi, des gens, qu'ils soient coupables ou non.

Je ne dis pas et ne pense pas que tous les policiers de France se comportent comme des gestapistes de la grande époque Vichyste, j'ai plutôt l'intuition, que, comme pour les jeunes de banlieues, une minorité de ces gens ont un comportement qui nuit à la majorité de ceux qui tentent au quotidien de faire leur métier correctement et, qui, j'ose le croire, ont choisit cette fonction de gardien de la paix par ce que justement, les valeurs républicaines représentent quelque chose pour eux, et non pour jouer les cow-boy à la mode Abou-Ghraïb.

mercredi, mars 11, 2009

Le dîner de con(s)


Après toute une série de posts sur des sujets assez sérieux, je me suis dit qu'il était temps de revenir à mon petit univers, histoire de ramener un peu de légèreté sur ce blog. Je vais donc vous dépeindre mes dernières expériences en terme de mondanités.

Il y a quelques temps de cela, mon Amoureux et moi-même étions conviés, ainsi qu'un autre couple, à un dîner chez un troisième couple composé d'un vieil ami de mon bien aimé, récemment marié à une damoiselle que mon cher et tendre m'avait décrite comme une face de limande sans aucun intérêt et, que je nommerais, pour des raisons de confidentialité, Bérangère. Bon, déjà, l'idée d'un dîner "couples", ça m'amuse moyen, ça pose tout de suite un cadre un peu étriqué. Nous avions repoussé au maximum ce rendez-vous au sommet, et, à cours de prétextes, il a bien fallut s'y coller.

Nous arrivons donc là-bas, et, je reconnais que ma languedeputerie naturelle était pressée de rencontrer la-dite. J'ai donc eu confirmation qu'elle avait du rencontrer bébé ou enfant un camion qui lui avait sensiblement aplati le visage et qu'en plus elle était dotée de charmants gros mollets rustiques et bien arqués que la décence eu requis qu'ils soient couverts par un pantalon et non laissés à la vue de tous au moyen d'une robe. Mais bon, ne nous fions pas aux apparences... Apéritif "parfait", discussion superficielle, on passe à table, tout se passe en parfaite courtoisie, tout le monde picole bien. Vers le fromage, ayant épuisé tous les sujets de conversations possibles avec cette catégorie de personnes, on décide de faire un jeu du type chacun son tour doit citer un état des U.S.A., dès le second tour, je me plante (ça arrive, hein) et elle, à l'autre bout de la table, tend son index vers moi en beuglant : "éliminée, t'es éliminée!". Je la regarde en lui disant "oui, oui, Bérangère, je suis éliminée, ne t'énerve pas", les autres convives se marrant tout de même devant la violence puérile de notre hôtesse. Le dîner se termine, au moment du café, il faut bien trouver un autre jeu pour finir cette navrante soirée faute de conversation possible, et, elle, passablement éméchée, assez agressive, s'en prend à un autre convive assez violemment. Charmante soirée, décidément. Nous sommes tous finalement assez contents de sortir de là... Sauf que...

Sauf que, ayant reçu tout de même un peu d'éducation (parfois, je ne vous en suis pas reconnaissante chers Parents), il faut bien qu'un jour ou l'autre nous rendions l'invitation. On se dit qu'à 4, ce sera pas possible de les supporter et cherchons dès lors quels amis nous pourrions embarquer dans cette galère, sachant que le couple qui se les était déjà cogné, c'était mort, ils ne signeraient pas pour un match retour. On fini par sélectionner deux punis, on a un peu de mal à trouver une date et finalement, les deux numéros complémentaires ont un empêchement et il est trop tard pour annuler le dîner. Donc, samedi soir dernier, nous voilà prêts au sacrifice d'une soirée par politesse. Le couple arrive, déjà, dès l'entrée, damned, elle a remis une robe, mais c'est pas possible ça! Même avec des bottes, ça se voit le carnage... Ensuite, la traditionnelle visite de l'appartement, puisqu'ils n'étaient jamais venus. Il faut préciser pour une meilleure compréhension de la suite qu'ils viennent d'acheter un appartement dans Paris et que par conséquent, ils en ont visité quelques uns. Là, grand moment d'envie de sortir la boite à claques : "oui, oui, du parquet, c'est pas mal" "Ah, une fenêtre dans chaque pièce, ça valorise", "des moulures, hum, bien", une visite façon estimation d'un bien en vue le l'acheter, cette conne se permettant même d'ouvrir un placard dans l'entrée! Mais, d'où ouvre-t-on les placards chez les autres??? Ca se la raconte petite bourgeoise et ça se comporte comme une gougnafière qui ne serait jamais sortie de son trou. Je serre les dents, car, moi, on m'a bien élevée.

La suite de la soirée? Ils ont détaillé tous les objets qui se trouvent chez nous, essayant d'en estimer la valeur et comparant dans leurs minuscules têtes à ce qu'eux possèdent, on a eu droit une fois encore au récit de leur voyage de noces aux Maldives (putain le cliché), de leurs rencontres avec les autochtones "tellement authentiques" de Ceylan, des difficultés avec les locaux à Marrakech (pour mémoire, ce con avait proposé cet été à mon amoureux , alors que nous partions à Marrakech, de lui expliquer comment il fallait négocier avec "ces gens là"). S'ensuivent tous les supers restos qu'ils se sont faits. On a droit après aux détails sur la grossesse de Bérengère, qui a 2,5 mois porte déjà des fringues de femme enceinte pour bien montrer qu'elle accède au statut si exceptionnel de mère, le genre à se tenir les reins avec ses mains et le ventre en avant dès la conception... Et lui de nous expliquer qu'il passe ses journées sur auféminin.com "un site tellement instructif" en tant que père moderne et impliqué, et elle de me dire que si je veux un bébé, il faut absolument que je trouve tout de suite la clinique, comme si j'étais une beatnik à côté de la plaque. Je les ai surnommé "le couple témoin", comme on fait des maisons témoins, bah eux, c'est du clef en main avec tous les clichés inhérents à leur âge et à leur condition, que du bonheur. D'ailleurs, ils ne parlent que d'eux, n'ont pas posé une seule question et lorsque je me suis risquée à tenter un échange, j'ai eu l'impression de les emmerder prodigieusement, forcément....

Soulagement donc après qu'ils soient partis, sauf que, j'ai été réveillée à 6h00 du matin, avec des spasmes au niveau de l'estomac, qui sont montés de plus en plus violemment me tordant de douleur, j'ai du finalement appeler SOS médecin tellement je me sentais mal, arrivé 3h00 après l'appel, qui a diagnostiqué une intoxication alimentaire. Or, c'est moi qui avait cuisiné la veille et fait les courses, je sais donc que tout était frais et que rien n'était à risque. Et, personne d'autre n'a été malade. J'en déduit donc que j'ai subit un engorgement vésiculaire à la connerie et je peux vous assurer que je ne suis pas prête de recommencer ce type d'excès, ce n'est vraiment pas bon pour ma santé.

jeudi, mars 05, 2009

En attendant Godot


Là, je bats des records d'abandon de ce blog, plus d'un mois sans écrire, c'est pas bien. Pourquoi donc?

En fait, mon dernier post a déclenché quelques polémiques et, je n'ai vraiment pas envie de me censurer sur mon blog. Le dernier commentaire reçu me taxait, en substance, d'antisémitisme. Donc, là, j'invoque l'âme de Pierre Desproges, qui lui, a eu la chance d'officier à une époque où on pouvait rire de tout (mais, comme il le disait lui même, pas avec tout le monde). Qui commençait un de ses sketchs, mythique, par "on me dit que des juifs se sont cachés dans la salle...". Je n'ai bien entendu pas la prétention de me prendre pour Desproges, n'étant qu'un misérable vermisseau comparé (et encore, rien que de se comparer à lui est d'une prétention incroyable) à ce génie. N'empêche. Je fais déjà des paquets de coupes dans ce que j'écris pour éviter de choquer ou prêter le flanc à des polémiques. Si justement je tacle Israël et fait des sales blagues sur des commerçants "israélites" comme on disait sous Vichy, c'est par ce que je connais cette histoire, une partie de ma famille étant Ashkénaze, que je suis allée bosser en Kibboutz à 18 ans, et, que j'ai beaucoup d'affection pour les juifs, leur humour et leur capacité à se relever, pour leur incroyable rage de vivre. J'ai d'ailleurs beaucoup de tendresse pour l'humain en général, malgré ses défauts, ses mesquineries et ses turpitudes. Sous le fumier peuvent éclore les plus belles fleurs.

J'écoutais une émission il y a peu avec Stéphane Guillon (et d'autres humoristes, hum, hum...) sur le sujet de "peut-on rire de tout". Il disait, assez justement, qu'on peut dire un truc comme "Benoit XVI, enculé" sans prendre le moindre risque de contestation et qu'à l'inverse, il évite toute blague sur les barbus. Par ce que là, pour le coup, il serait taxé de racisme, alors, qu'on envisage en aucun cas un racisme anti-catho. Pourtant, je ne vois pas de différence entre faire des vannes sur une religion ou sur une autre. Y-aurait-il, comme dans la nature, des espèces protégées "interdit de sales blagues"? A côté de ça, Anne Roumanoff, qui est dotée d'un pois chiche en guise de cerveau, a une ouverture d'esprit proportionnelle à son sex-appeal, et n'est susceptible d'amuser que les vieillards impotents et alzheimeriens qui regardent Drucker le dimanche (et encore), se disait mal à l'aise devant ce fameux sketch de Desproges et que ça ne la faisait pas du tout rire. Que dire? Qu'on est de plus en plus condamné à une pensée unique, lisse et aseptisée, et, que si l'avenir de l'humour est Anne Roumanoff, je me pends de suite! J'aime autant écouter Eric Besson ou Xavier Bertrand, ou regarder Sarkozy parler, par ce que parfois, c'est vraiment comique, pris au second degré.

Alors oui, il est frustrant pour l'athée très pratiquante que je suis de ne pouvoir écrire des posts tapant sur des religions, avec du respect, car, oui, je respecte les croyances de chacun. Et il ne me viendrait pas à l'esprit de tenter de convaincre un pratiquant, quelle que soit sa confession, que Dieu n'existe pas. Pourtant, à l'inverse, eux ne se gênent pas pour faire du prosélytisme et essayer de convaincre les âmes perdus que nous nous sommes égarés loin du troupeau. Cherchez l'erreur dans le discours de tolérance...

mercredi, janvier 14, 2009

Le monde est stone


Lors de mon précédent post, j'espérais une année 2009 plus sereine, douce, paisible, etc... Or, c'est pas vraiment ça...

Comme tout le monde, je suis ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza. Pas de près, ce que j'en saisis est déjà bien assez intolérable. Je n'ai jamais été favorable à la création de l'état d'Israël, de la manière dont ça a été fait et dont ce pays s'est construit au fil des ans. Oui, le peuple juif a droit à une terre, ça, je ne le conteste pas. Néanmoins, n'y avait-t-il pas de terres vierges et cultivables, sur lesquels ils auraient pu s'installer? Qu'est-ce que ça peut foutre de se poser au fameux pays de Canaan ? Quelle nécessité y-avait-il à être près de Jérusalem? Je n'ai pas la réponse et finalement, le mal est fait.

Après, je comprends intellectuellement l'idée de défendre "leur" terre contre les agressions, mais, si on avait traité les Palestiniens avec respect et humanité, si on ne les avait pas parqués dans un camp de concentration géant, avec la plus forte densité de population au monde, en les coupant de tout et de la possibilité de vivre normalement (blocus de produits alimentaires, postes frontières pour entrer et sortir de Gaza), voire même si Israël avait subventionné des écoles, des emplois, le Hamas n'aurait pas eu le terrain propice pour se faire élire. Et, n'a-t-on pas entendu depuis toujours que le Mossad est le meilleur service secret au monde, alors, pourquoi ne pas envoyer des commandos buter directement leurs adversaires qui balancent de dérisoires roquettes plutôt que d'occire des centaines de femmes et d'enfants innocents, d'en mutiler des milliers d'autres, en utilisant d'immondes bombes au phosphore, qui génèrent des dégâts physiques profonds et irréversibles? C'est bien, avec ces méthodes, ils en reprennent pour 200 ans de haine et toute une nouvelle génération de kamikazes. Pourquoi ne pas avoir permis aux civils d'être évacués, de les avoir laissé dans ce champ de bataille, pris en otages? C'est honteux, lamentable, abject, particulièrement de la part d'un peuple qui a cette histoire. Honte sur Israël.

Autrement, un petit tour du côté de cette connerie de Paris-Dakar, en Argentine cette année,(le ridicule ne tue pas, quoique sur cette édition, un peu plus et plutôt des participants, les Africains doivent être soulagés...). J'ai entendu avec effarement à la radio hier un équipage français qui racontait comme ils ont été bien reçus lors d'une étape dans la montagne avec du vin, du champagne et comme ils sont repartis éméchés sur les pistes, oh, comme c'est rigolo. Tout ça avec la caution de l'animateur qui ne condamnait en rien cette "anecdote", qui au contraire trouvait ça plutôt sympa. C'est bon ça, allez rouler bourrés à l'étranger, où, vraisemblablement, on a des passes droits sur le taux d'alcoolémie, explosez vous la gueule dans un ravin, ça me fera bien rire à mon tour. Bel exemple!

Puis, un petit tour à présent par la France, Brice Hortefeux a bien bossé en 2008, il a dépassé ses objectifs de reconduites à la frontière, en bon fonctionnaire zélé, Maréchal, nous voilà, is back.

Enfin, pour conclure, en terme de micro-univers, je vais aller après ce post mener ma guerre personnelle contre des séfarades qui m'ont bien enflée sur un rideau que j'ai fait faire et auquel il manque 20 cm en bas et dont les finitions pourraient ressembler à Gaza, s'ils construisaient les murs en Palestine avec le même professionnalisme, les Palestiniens se sentiraient subitement plus libres. Voilà, j'arme mon lance-roquettes et c'est parti.

mardi, janvier 06, 2009

Le grand incendie


Il est de bon ton, au moment de clore une année d'en faire le bilan, tant personnel que généralement, au niveau du monde.

Niveau mondial, l'année 2008 s'est terminée par un superbe feu d'artifice offert par les Israéliens, dans la bande de Gaza, explosion qui dure depuis plus de 10 jours à présent, feu d'artifesses pour Dominique Strauss Kahn, feu de paille au parti socialiste, feu aux foules en Grèce, feu au cul du Sarko qui a bien gigoté en tous sens cette année (Carla, rend lui ses chocolats, il devient fatigant, vraiment), feu de joie aux Etats-Unis avec l'élection de Barack "la classe" Obama, qui a eu véritablement le feu sacré, feue Soeur Emmanuelle, certains ont bien joué avec le feu transformant en flambée les dollars et les euros, les banques n'y auraient vu que du feu, la Géorgie s'est retrouvée prise entre deux feux, la voilà fort dépourvue, alors que l'hiver est venu, l'Ukraine aussi d'ailleurs, la Chine a hébergé la flamme, mettant le feu aux poudres, pour que finalement, tous ces blablas se transforment en fumée, l'Irak et l'Afghanistan ont persisté sur les lancées des autres années, à feu et à sang, l'Inde les a rejoint, lors d'une funèbre flambée à Bombay. Une bonne nouvelle toutefois : Johnny prend sa retraite et va enfin arrêter d'allumer le feu dans les stades. Quelques uns auraient bien mérité de griller sur le bûcher des vanités, en tant que bons cochons qui ne respectent rien, ni personne : Xavier Bertrand, Eric Zemour, Sophie de Menthon, Dieudonné, Jean-François Coppé, Berlusconi et beaucoup d'autres, las, on sacrifie plutôt les moutons et plus seulement à Pâques ou à l'Aïd el Kebir...

Niveau personnel donc, RAS, belle année, rien à déclarer de plus, je me suis juste sentie tout feu, tout flamme, et, je ferai le nécessaire pour que les symptômes persistent en 2009 et bien après.

Voilà, très bonne année 2009 à Toutes et Tous, souhaitant vivement que les incendies s'éteignent et que nous naviguions dans un monde plus tempéré.

mercredi, décembre 24, 2008

C'est la lutte finale


Je suis bien consciente que Noël devrait signifier la trêve. Mais, hélas, la connerie, elle, n'en fait jamais, de trêve. Et là, depuis quelques jours, je suis ulcérée. Ulcérée par ce que j'entends aux informations, lis dans la presse ou écoute à la radio.

Hier, j'entends parler d'un excédent de l'unedic de 4 milliards d'euros. Enfin quelques chose d'excédentaire en France. Donc, les syndicats de travailleurs et le MEDEF se réunissent pour savoir quoi faire de ce pognon. J'imagine, que comme moi, vous avez été informés de toutes ces sociétés qui ferment ou délocalisent (alors qu'elles font des bénéfices, mais, pas assez pour le actionnaires, donc, on sacrifie les moutons qui les ont engraissés). Or donc, le MEDEF souhaite que cet argent permettent d'alléger les charges des entreprises, ce qui leur permettrait donc d'embaucher (et mon cul, c'est du canard laqué?!!!) alors que les syndicats préconisent qu'on utilise cet argent pour indemniser les chômeurs n'ayant plus de droit, ou pas de droit. Devinez qui a gagné? Par ce que les syndicats de travailleurs sont des mous du genou qui se sont fait acheter une fois de plus par le MEDEF, vont toucher des dessous de tables pour leurs syndicats ou je ne sais quoi d'autres. Et, à côté de ça, avec quoi va-t-on indemniser les milliers de travailleurs virés en 2008 qui devront toucher leurs assedics en 2009? N'aurait-il pas été plus opportun d'utiliser cet argent pour aider à la reconversion de tous ces ouvriers laissés sur le carreau dans des zones économiques en difficultés? Bah non, la gerbe, encore une fois, l'argent va à l'argent.

D'ailleurs, autour de ce sujet, j'ai pris l'habitude depuis quelques temps, d'écouter RMC (pas de quoi s'en vanter, je zappe aussi sur d'autres radios, mea culpa), et, pour des questions d'emploi du temps, je l'écoute souvent au moment d'une émission qui s'appelle "les grandes gueules". Ils commentent l'actualité politique et sociale, ça vole rarement haut, mais, j'aime assez écouter la vox populi. Ils ont parmi leurs intervenants une femme, de droite, (je n'ai pas systématiquement d'inimitié contre les gens de droite, elle incarne néanmoins tout ce qu'une certaine droite a d'abject), Sophie de Menthon, pour la citer. Objectivement, il faudrait censurer des personnes pareilles. Pas une journée sans qu'elle n'ai une parole répugnante. Cette semaine, au sujet de la carte famille nombreuse qui serait étendue aux familles mono-parentales à moins de 1000 € de revenus pas mois : "Et bien, ces gens n'ont qu'à prendre leurs responsabilités et en cas de séparation, que les parents n'habitent pas loin l'un de l'autre". Sans sous entendu "et bien, les pauvres n'ont pas à voyager ou qu'ils ne voient pas (ou ne fassent pas) d'enfants s'ils ne peuvent assumer (et qu'ils ne prennent les boulots qu'on leur propose loin de leur famille)...". Aujourd'hui, elle trouvait honteux que les employés d'une usine bénéficiaire appartenant à un groupe américain qui en a déjà fermé 2 en France pour délocaliser, se permettent de bloquer l'usine et de faire grève devant l'entreprise pour empêcher que la maison mère vide leur matériel de travail. Quels pourris franchement, ces employés qui n'ont pas envie de se faire enculer à sec et qui tentent avec leurs moyens de sauver leurs boulots! Elle est bien entendu archi favorable au travail le dimanche, elle trouve super bien et normal que Sarkozy prennent des vacances bien méritée au Brésil, alors que la France agonise, j'en passe et des meilleures. Je ne vois vraiment pas l'intérêt qu'il y a à laisser un temps de parole et donc, d'audience, à une conne pareille. Qu'on l'envoie bosser 3 mois en usine, avec le salaire idoine, qu'elle comprenne un peu la vie, cette espèce de décérébrée.

Une petite dernière pour la route? Dans un JT, le présentateur ou la rédaction ne peut normalement pas donner d'opinion sur l'actualité qu'ils présentent. Mais, on peut monter les sujets de manière à interpeller la conscience du spectateur. Hier, JT de canal+, sujet sur la grâce présidentielle faite à Jean-Charles Marchiani, qui s'est goinfré de thunes dans l'affaire de l'angolagate, sous prétexte qu'il y a 20 ans, il a participé à la libération d'otages. Ah donc, faire son boulot pour la république permet ensuite de taper impunément dans les lois? Sujet suivant : 2 des prévenus "d'ultra-gauche" accusés d'acte terroristes sur les lignes SNCF (contre lesquels je rappelle qu'il n'y aucune preuve), ne seront pas relâchés de leur détention provisoire. Sic. Vive la France, vive la République.

Bon, c'est pas tout ça, faut que je me presse d'aller acheter Le Capital en 12 exemplaires pour l'offrir à Noël et que je télécharge une belle version de l'Internationale, qu'on puisse l'écouter autour de la dinde.

mardi, novembre 25, 2008

Vas-y Wasa


Dans la série des villes d'Europe du Nord, ce week-end, c'était Stockholm. J'y allais pour l'anniversaire de mon Amoureux, ma nature me portant naturellement plus vers la chaleur. Et, ma nature en a bien pris pour son grade. On se doutait qu'il ferait froid, mais, nous n'étions pas préparé à ça. -1°, écrit, ça ne semble pas la mer à boire, mais, si on y ajoute les trottoirs enneigés et verglacés, la tempête de neige avec vent fouettant, les rues en montées et en descentes, ça donne deux vieillards, marchant au ralenti, la tête rentrée dans les épaules et le visage tout rouge. Avec en supplément, la nuit qui tombe à 15h00. Tout cela est un brin surprenant et permet de bien comprendre la culture des petits cafés chaleureux à tous les coins de rues que pratiquent les suédois... Ca, c'est pour la partie pas trop cool de la ville. Bien que cette neige partout donnait un aspect bien dépaysant à notre voyage.

Pour tout le reste, allez à Stockholm! Très belle ville, avec de l'eau à tous les coins de rue, de superbes bâtiments partout, des rues propres, un calme étonnant, des habitants paisibles, agréables, souriants et beaux (on voit tout de suite qu'il n'y a pas eu de mélange avec des finlandais). Certainement aussi génétiquement modifiés, faut les voir tracer sur les trottoirs gelés comme si de rien n'était! Une ville facile à arpenter, simple dans ses dessins, à taille humaine, certains quartiers rappellent Londres, d'autres Hambourg et encore d'autres, New-York. Un endroit où l'on se sent tout de suite bien, à l'aise, en terrain connu. Des belles balades dans Norrmalm et Ostermalm, puis, déjeuner au musée d'art moderne, face au lac Saltsjon, sublime, puis, bonheur, l'exposition Max Ernst "Du rêve à la révolution", un pur plaisir et de l'émotion en barre. J'ai eu un coup de foudre pour le tableau ci-dessous, je n'ai hélas pas eu l'autorisation de l'emmener avec moi, dommage, ça parle assez bien à mon côté anti-religion...

Visiter un musée à Stockholm a aussi comme autre avantage de pouvoir se réchauffer avant de reprendre la route, dans le vent glacé, où parcourir 3 km donne l'impression d'en avoir fait 10, tellement, le corps doit lutter contre des éléments hostiles. Le 2ème jour, c'est l'île de Sodermalm que nous avons explorée, un quartier bobo nommé SoFo en référence à Soho, où pullulent cafés, boutiques de design et fringues d'occase , un quartier résidentiel avec vue sur la baie, des petites maisons d'ouvriers en bois rouge installée dans un parc près une église, du dépaysement partout et toujours ces suédois paisibles, qui trainent leurs enfants dans les luges, sourient lorsqu'ils vous croisent, ce qui procure une agréable sensation de ne pas être un étranger dans la ville. Après un retour à l'hôtel à la tombée de la nuit (15h00 pour ceux qui suivent..), le courage de retourner affronter le froid pour dîner nous a manqué, et, l'hôtel étant fort bien situé et agréable, le dîner s'est déroulé derrière des baies vitrées, face à la baie

Le lendemain matin, réveil, ouverture de volets et là, tempête de neige, ah... Il
est difficile dès lors de trouver la foi pour se risquer dehors, en même temps, 3 jours dans une ville, ça ne permet pas vraiment de traînasser, c'est donc couverts comme des eskimos que nous nous sommes risqués en extérieur pour arpenter Gamla Stan (la vieille ville) où nous sommes arrivés après 10 minutes de marche, recouverts de neige, les yeux rougis par le vent et, pour ma part, franchement exténuée. Arrivée devant le palais royal, j'ai relativisé ma souffrance devant les malheureux gardes faisant le planton dehors, sans bouger, sous la neige. On a beau être suédois, on en est pas moins humain pour autant! Nous avons ensuite péniblement avancé jusqu'au Grand Hôtel dans l'idée d'y prendre une boisson chaude et, y'a pas à tortiller, le luxe, ça a du bon! Déjà, on laisse nos couches de vêtements trempés au vestiaire, ensuite, on nous installe dans de très confortables canapés toujours face à la mer, dans un cadre plus qu'agréable, où une charmante serveuse, discrète et efficace nous amène un thé excellent et fort bienvenu. Ah, luxe, calme et volupté. Après cette pause, la neige s'étant enfin arrêté de tomber, direction Saluhall, marché couvert très chic où se côtoient viande de rennes, poissons fumés, spécialités italiennes, fromages et pâtisseries, très élégamment présentés. Pour notre dernier déjeuner à Stockholm, nous déjeunons dans un restaurant de la halle, très belle assiette de spécialités de poissons, accompagnés d'un verre de vin blanc, le bonheur! Quelques achats plus tard, métro, hôtel, changement de fringues et départ pour l'aéroport où une petite frayeur nous attendait, pour cause de neige, vol retardé et tous ceux pour l'europe du Nord annulés. Mais bon, notre bonne étoile étant toujours présente, l'avion n'a eu que 2 heures de retard (un moindre mal comparé à l'idée de dormir dans l'aéroport) et après un dégivrage de l'appareil (ça surprend un peu, à vrai dire...) et le déblayage des pistes (incessantes processions des chasses-neiges pour découvrir les marquages lumineux recouverts inlassablement par des flocons facétieux), nous avons pu décoller, non sans avoir bu un verre de champagne, que la charmante hôtesse nous a amené en douce avant le décollage après avoir appris que nous étions en voyage pour un anniversaire. Nous avons d'ailleurs eu les plus agréables stewart et hôtesses qu'il m'ait été donné d'avoir sur un vol, quel qu'il soit, très très plaisant.

Voilà, c'était le dernier voyage de l'année 2008, j'ai vraiment adoré Stockholm, je me suis d'ailleurs découvert un goût insoupçonné pour les villes du nord (Tallinn et Hambourg furent également de belles surprises), où les gens sont civilisés, agréables, où un certain savoir vivre est de mise, où le goût du beau et du bon est sérieusement développé. Je retournerai avec grand plaisir à Stockholm mais, la prochaine fois, ce sera en été, histoire de pouvoir en profiter un peu plus.