Petite absence. Plein et peu en même temps. Mon night drive continue avec plus de joie, d’intensité, de douceur et de tendresse tous les jours. Et, j’espère bien qu’il va durer encore très longtemps. Je reviens d’une semaine de vacances avec Lui, en vase clos, qui se sont déroulées sans accrocs, bien au contraire. J’ai été amoureuse dans ma vie, mais, jamais comme je le suis là. C’est à la fois raisonnable, sans les empressements et excitations épuisants des premiers émois et en même temps, ça me transcende. Je me sens exister et être comme jamais. Et, c’est vraiment bon. Des doutes, évidemment, toujours, ce serait trop simple autrement. Et, sans questions, on n’avance pas, on ne se renouvelle pas, on se pose bêtement, placidement et on se lasse. Voilà, ça, c’est un des beaux aspects de ma vie.
Autrement, j’ai le plaisir de construire avec de plus en plus de sérénité et de solidité des relations amicales profondes, adultes, avec des gens dans l’échange vrai, dans le partage, dans l’équité, sans compétition ni agressivité. Et, j’ai conscience de la chance que c’est d’être entourée de personnes au parler vrai et avec lesquels faire de même. Ca me nourrit, m’enrichit à chaque fois. J’ai passé le temps de me reposer sur des tribus confortables dans leur inertie mais infantilisantes et vaines, in fine.
J’ai aussi passé mon habituelle retraite du 8 mai chez mon grand-père, là où Sarko est allé saluer nos valeureux combattants de the 2nd world war, et, comme à l’accoutumée, je suis rentrée ressourcée, reposée et apaisée, pourvu qu’il y en ai encore beaucoup de ces moments. Prête pour le fight. Ou le règlement de compte à OK Corral. 3 mois que mon tocard de DG me pourri la vie (fallait bien que je paie mon voyage offert par la boîte à New-York, rien de gratuit avec lui), tente d’annihiler toute velléité de créativité, d’indépendance et d’envie de faire mon boulot. Je dis blanc, il dit noir, je dis comme lui, il dit blanc. Il est parvenu lors d’un gros événementiel fin mars que je gérais de A à Z à me faire avoir une paralysie faciale dans l’avion, un urticaire à l’arrivée et une crise de nerfs sur place. Et, lors des mes vacances, j’ai rêvé toutes les nuits du boulot après être partie avec un lumbago qui m’a immobilisée 5 jours. Trop, c’est trop.
Donc, j’étais convoquée ce jour pour lui exposer où j’en étais des « projets en cours ». Je me suis tout de même gobée 2 calmants avant de m’y rendre. Pas question de lui donner le plaisir de me voir exploser. Premier set, il accepte (bizarrement) un projet que j’ai proposé, alors qu’il en avait quasiment imposé un autre, moins cher de surcroît, et que je n’ai surtout pas donné d’avis pour l’un ou l’autre. J’ai juste rédigé un mémo avec les plus et les moins de chaque projet. Bon, je me dis que c’est peut-être une tentative de conciliation… S’ensuivent des échanges sur ce que je fais depuis le début de l’année, où il m’impose (encore) de faire un « classement » des meilleurs commerciaux et de cesser de rédiger tous les mois des laïus personnalisés sur les meilleurs d’entre eux. Le truc en fait qui humanise ma boîte et qui fait que ces grands affectifs ont besoin de ça comme stimulant et non pas du classement de l’employé du mois. Je défends un peu le bouzin, il me rembarre, me disant que je fais toujours la même chose. Je soupire en regardant au loin. Il s’engouffre dans la brèche « mais quoi, ça vous dérange ou bien ??! ».
Là, c’est sorti. Que quoi que je propose ou que je fasse, il m’impose toujours l’inverse et que j’en ai ras la casquette de dépenser de l’énergie pour faire passer les idées les plus simples. « Mais, alors, qu’est ce que vous voulez !!!?? ». Oh, rien du tout à présent chef, je ne ferais qu’exécuter vos consignes. Ca l’a désamorcé. Il ne pouvait pas hurler, puisque j’allais dans son sens. J’ai aussi évoqué comme il m’avait maltraitée lors de ce fameux évènement (dont les plus anciens ont dit qu’il a été le plus beau des 5 dernières années), ce à quoi il a rétorqué que je n’étais pas du tout au niveau de ses exigences et qu’heureusement qu’il était là pour redresser la barre… Quelques horreurs plus tard, du type « vous ne faites pas du tout ce que je vous ai défini comme ordre de mission, les gens dans cette boîte se demandent ce que vous foutez de vos journées » il me sort « alors, que proposez-vous, prête à re-rentrer dans la danse ? » (ah ouais hein, t’aimerais bien que je te dise que je claque la porte et que je me barre gros con ou que je me soumette et que je fasse ton pantin, hein ?), je lui ai dit « oh, rien, vous donnez les consignes et j’exécute, puisque c’est ce qui vous convient ». Violence des échanges en milieu tempéré.
J’en suis sortie la tête haute, fière d’avoir pu rester droite dans mes bottes, de n’avoir pas courbé l’échine, de ne lui avoir pas donnée la satisfaction d’un vassal se soumettant à son seigneur. Je pense qu’à présent, je vais avoir 2 mois de rémission mais, qu’il cherchera comment avoir ma peau. Et, je m’en cogne. Car ma vie est bien plus heureuse que la sienne et que moi, j’ai conscience de qui je suis.







